Suivi de la campagne Earthdawn des Lions de Pierre, 5ème saison et de leurs avatars à Metal adventures.
 
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 Chapitre 64 - Au coeur du Bois de Sang

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Valérian
Éclaireur humain et questeur d'Astendar
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Messages : 691

MessageSujet: Chapitre 64 - Au coeur du Bois de Sang   Sam 8 Déc - 17:04

Chapitre 64 – Au cœur du Bois de Sang
 
Nous étions dans le Bois de Sang et nous avions survécu à une embuscade tendue par l’un des conseillers de la Reine. Des elfes de sang étaient morts dans cette embuscade et d’autres avaient fuis, dont leur chef.
Notre groupe était très affaibli par de nombreuses blessures et Ghorghor s’était même évanoui à la fin du combat. Notre guide, l’éclaireuse elfe Lisandella, nous pressait de quitter cette zone devenue périlleuse. Notre situation était désespérée. La routine, en quelque sorte.
 
Après quelques soins superficiels, notre vaillant armurier parvint à reprendre conscience. Une fois remis sur pieds, il était en état de marcher, mais rien de plus. Il fallait s’éloigner de cet endroit puis se reposer pour que nous puissions nous soigner et être en meilleure forme.
Compte tenu de la situation et de l’état du groupe, Lisandella repris la tête et nous informa qu’elle allait nous mener dans un lieu secret, un endroit sûr où les patrouilles de Kalourin ne viendraient pas nous chercher et où nous pourrions nous reposer et nous cacher. Mais il faudra marcher plusieurs jours au sein du Bois. Elle ajouta que celui-ci risquait de se montrer hostile pour les étrangers et que certains animaux, en plus d’être dangereux, pouvaient également être des espions des forces de défenses elfiques.
Tout en nous informant de sa voix claire, toujours voilée par la douleur permanente qu’elle ressentait, elle cheminait au sein de la végétation, cherchant constamment des points de repère, tant pour suivre la bonne direction que pour assurer le passage de l’ensemble du groupe. En effet, si la sylve semblait subtilement s’écarter pour laisser le passage à l’elfe de sang, en revanche, elle faisait tout pour entraver les déplacements des autres membres du groupe – y compris les elfes ! Les racines cherchaient à nous faire trébucher, les branches épineuses se prenaient dans nos vêtements ou s’accrochaient aux sangles de nos sacs. Il fallait sans cesse se frayer un passage dans cet environnement un peu trop attachant qui semblait voir en nous de délicieuses friandises. Et utiliser nos armes pour se tailler un passage était exclu car cela aurait transformé la curiosité pressante du bois à notre encontre en une fureur autrement plus dangereuse. De plus, cela aurait laissé un sillon évident de notre passage que nos poursuivants n’auraient pas pu manquer.
 
Après une marche épuisante d’environ deux heures en pleine nuit, Lisandella, suite aux suggestions de Pelenas, déclara un arrêt pour se reposer dans la petite clairière que nous traversions. Pelenas fit appel à sa magie élémentaire pour fournir des aliments chauds, ce qui fut apprécié de tous.
Alors que nous étions en plein repas, nous remarquâmes que de gros volatiles croassant se regroupaient sur les branches qui surplombaient notre camp improvisé. Alarmée, l’éclaireuse elfe nous précisa qu’il s’agissait de corbeaux de sang et que ceux-ci étaient nettement plus agressifs et dangereux que des corbeaux traditionnels. Ce modèle-ci n’attendait pas que sa proie soit morte pour lui becquer les yeux.  Nous terminions à peine de nous équiper lorsque les volatiles estimèrent qu’ils avaient rameuté suffisamment de leurs congénères. Ils attaquèrent en piqué, les serres en avant en visant les yeux.
La diplomate naine Belisiel fut la première blessée et il s’en fallut de peu qu’elle y perdre un œil. De mon côté, je coupai la moitié d’une aile à un de mes agresseurs et il alla s’abattre un peu plus loin. Les autres assaillants tournoyaient ici et là, harcelants mes compagnons qui étaient souvent contraints à la défensive.
Soudain, une vive lueur illumina le camp : Pelenas avait tissé un sortilège de lumière. Pour des fuyards qui voulaient être discrets, ce n’était certainement pas l’idéal. D’un autre côté, si ces fichus corbeaux nous mutilaient ou nous tuaient, les sbires de Kalourin seraient notre dernier souci !
Il fallut rapidement se rendre à l’évidence, la lumière gênait nos attaquants. Leur vol était moins assuré et la coordination de leur groupe semblait affectée. Second effet appréciable, le seul humain de notre expédition – à savoir moi ! - voyait mieux. Je ne disposais ni de la vision nocturne des elfes, ni de la vision thermographique des nains.  
Comme ragaillardit par cette bienveillante lumière, nous opposâmes une défense farouche aux corbeaux de sang qui périssaient les uns après les autres. Ils avaient perdu leurs avantages de surprise et d’attaque nocturne et, bientôt, les quelques survivants s’envolèrent vers un endroit moins dangereux pour eux, tout en croassant de dépit et de fureur.  
 
Du fait des blessures de Belisiel et de l’état de Ghorghor, nous ne pûmes aller bien loin et il fallut nous contenter d’un endroit faiblement abrité. Heureusement, notre élémentaliste rendit les conditions rapidement acceptables avec de la nourriture chaude et des matelas d’air. De mon côté, mes modestes compétences de soigneur furent, une fois encore, largement mises à contribution. Je ne me féliciterai jamais assez d’avoir étudié les premiers soins avec mon ami nécromancien Sotek.
Nous passâmes une bonne partie de la journée à nous reposer et nous ne levâmes le camp qu’à la tombée de la nuit. Cette période de repos nous avait permis de guérir en partie de nos blessures et de refaire nos forces. Le pas était plus alerte et décidé lorsque nous reprîmes la route. Enfin, façon de parler parce qu’il  n’y avait aucune route dans cette forêt mystérieuse , bien évidemment.
 
En milieu de nuit, Pelenas remarqua un étrange arbre sur le bord de la piste et demanda une halte. Celui-ci semblait ne pas être corrompu par la magie du sang qui imprégnait le bois. Il ne présentait aucune épine et le sol aurtour de ses racines n’était pas spongieux et gorgé de sang, comme ses congénères. L’élémentaliste commença à faire sa cueillette sous le regard étonné de tous. Lisandella, pour sa part, était incrédule de voir un tel arbre ici. Selon Pelanas, il s’agissait d’un permisule, un arbre rare dont les fruits possédaient des vertus curatives intéressantes mais qui provoquaient rapidement des désordres intestinaux. Il convenait donc de ne pas abuser de ces fruits, sous peine d’un certain inconfort personnel.
Lorsque la nuit touchait à sa fin et que nous cherchions un abri pour nous reposer, je remarquai l’entrée d’une caverne. Après exploration, celle-ci était tout à fait adaptée pour nous recevoir ; elle semblait régulièrement utilisée à cet usage par les patrouilleurs et éclaireurs locaux.
 
Alors que j’invitai les autres à y entrer, j’aperçus une étrange silhouette au loin, dans une trouée de la végétation. J’appelai l’elfe de sang et lui montrais le sujet de ma curiosité : un petit dragon doré qui faisait des acrobaties aériennes. Bientôt, celui-ci disparut à notre regard et nous rejoignîmes le groupe dans la caverne.
Une fois le campement installé, Lisandella nous raconta ce qu’elle savait de ces petits dragons.
« Selon certaines légendes, les elfes étaient les serviteurs des dragons. Les plus méritants obtenaient la capacité de se transformer en une forme draconique, afin d’être plus proche de leurs maîtres. Il conservait leur taille mais pouvait adopter l’apparence d’un petit dragon.
- Les elfes ont-ils choisi de servir les dragons, ont-ils été forcés de servir les dragons… ou bien ont-ils été créés par les dragons ? questionnai-je l’elfe avec une curiosité non dissimulée.
- Sur ce point précis, les légendes sont floues ou contradictoires. Bien évidemment, la réponse ne sera pas la même si cette question est posée à un elfe ou à un dragon, répondit-elle d’un ton posé. C’est un des grands questionnements de mon peuple.
- Mais les choses n’en sont pas restées là, n’est-ce pas ?
- En effet… certains d’entre nous se rebellèrent un jour contre cette relation privilégiée et tournèrent le dos aux dragons. Ces derniers n’acceptèrent pas ce désir d’indépendance et bannirent les groupes séditieux. Ceux qui en étaient autrefois dotés furent privés de la capacité de se changer en petit dragon. À l’inverse, certaines légendes racontent que les serviteurs elfes les plus zélés perdirent la faculté de reprendre leur forme elfique honnie et adoptèrent définitivement leur forme draconique. Rares sont ceux qui peuvent encore passer d’une forme à une autre », conclut-elle avec une certaine tristesse dans la voix. 
Pour ma part, je songeai que ces êtres n’étaient peut-être pas si rares puisque j’en avais déjà croisé plusieurs au fil de mes aventures : Arondry, que j’avais rencontré à Cobbal, et les membres de la Triade qui avaient emprisonné Avanthus dans sa cage de glace magique. Sans même parler d’un certain « Rosper » qui était, lui, un vrai dragon capable de prendre forme humaine.
 
Après une nouvelle période d’un repos réparateur grâce à la magie de Pelanas, à mes compétences de soigneur et à un environnement protecteur, le groupe reprit la route avec un nouvel entrain. La plupart des blessures étaient désormais guéries et seul Ghorghor ressentait encore quelques douleurs ici et là. C’était aussi lui qui avait le plus reçu.
Je songeai que, depuis le décès de Thregaz, j’assumais désormais le rôle de premier combattant du groupe et j’en étais le premier surpris. Il y avait quelques années, que ce soit avec les Téméraires d’Urupa ou lors des débuts de ce qui deviendra la compagnie des Lions de Pierre, j’étais un bretteur médiocre. Je parvenais au mieux à occuper un adversaire le temps qu’un de mes compagnons vienne à mon secours. Progressivement, grâce à quelques coups d’éclat et quelques initiatives heureuses, j’étais parvenu à me rendre utile lors des affrontements. Mais en aucun cas je ne pouvais être aussi efficace avec une arme qu’un Thregaz ou qu’un Gothzul, ni aussi déterminant que Jeb ou Sotek avec leurs magies. Au fil des années, Gothzul était parti, Jeb et Thregaz étaient morts, et Sotek restait de plus en plus à Fort Vräss où il se sentait plus utile dans un rôle d’érudit. Désormais, il ne restait que moi de l’équipe initiale. Par chance, le fidèle Ghorghor s’était joint à la compagnie moribonde et avait apporté un peu de sang neuf, en sus de ses talents.
J’avais investi du temps à m’entraîner et de l’argent dans mon épée et mon arbalète. Aujourd’hui, il semblait que tout cela payait. Mais je sentais confusément qu’il y avait aussi une autre raison. J’avais un but et une détermination qui ne cessait de grandir. J’étais désormais pleinement convaincu de mon rôle et des enjeux de ma quête. Il ne s’agissait pas de remplir une mission pour un employeur occasionnel mais de réussir une mission aussi ambitieuse qu’elle semblait impossible. Seule la connaissance de ce que j’avais déjà accompli et ce à quoi j’avais survécu me permettait de croire que j’avais une chance de réussir. Sans doute n’était-elle pas bien grosse, cette chance, mais j’allais la tenter à fond. L’échec et la mort était une issue possible mais pas l’abandon. J’avais mis de côté mon désir d’indépendance et j’avais pleinement accepté mon rôle. Mon sort était dans la main d’Astendar et je ne pouvais pas la décevoir. Pas une fois de plus.
 
La troisième nuit de notre voyage nous mena dans une zone dans laquelle le bois semblait encore moins accueillant. Il semblait tellement tourmenté et corrompu qu’il suintait autant la malignité que le sang. Nous nous sentions épiés en permanence par un environnement vorace qui ne nous percevait certainement que sous la forme d’un apport nutritif. Se sentir comme un engrais sur pattes n’était pas des plus valorisants et notre moral fut  rapidement en berne.
En milieu de nuit, je découvris d’étranges traces et hélai notre guide. Lisandella vint s’agenouiller à mes côtés pour les examiner. Son expression se teinta d’inquiétude. Selon elle, il s’agissait d’une créature semblable à un gros élémentaire de bois mais pourvu de grosses griffes tranchantes. Bref, mieux valait éviter de croiser ce genre de client. Par chance, les traces dataient de plusieurs jours et nous pouvions espérer traverser la région sans la rencontrer.
 
Peu de temps après, le terrain devint humide puis franchement marécageux aux abords d’arbres encore plus gigantesques que leurs voisins. Pelenas et moi-même remarquâmes bientôt des créatures simiesques dissimulées dans le feuillage dense des arbres. Leur corps était garni de pointes et leur immobilité démontrait bien qu’ils nous attendaient pour nous assaillir. Ne voyant aucune des créatures, Ghorghor décolla pour prendre de l’altitude et avoir une meilleure vision d’ensemble. Ce mouvement provoqua la panique chez les créatures qui se replièrent vers de nouvelles positions, moins exposées. Compte tenu de la configuration de l’endroit, nous n’avions pas le choix et il fallait passer par le secteur de l’embuscade. Pelenas repéra une des créatures embusquées et tissa un sortilège. Quelques secondes plus tard, une grosse boule de feu partit vers elle et explosa en dévastant une zone de plusieurs dizaines de mètres carrés. Les rares survivants se replièrent, paniqués, sans demander leur reste.
Une nouvelle fois, la magie de notre druide se révéla déterminante… et toujours aussi peu discrète. Cette élémentaliste elfe laissait deviner une personnalité nettement moins lisse que de prime abord. Elle n’était pas une simple randonneuse adepte de vannerie. Elle se montrait calme et détachée mais quand on la cherchait, elle répliquait avec une puissance et une détermination étonnantes. J’avais craint qu’elle ne soit un maillon faible au sein du groupe mais, en l’espace de deux combats, elle avait prouvé de manière démonstrative qu’elle était en réalité un atout.      
 
Une fois cet obstacle passé, nous poursuivîmes notre chemin jusqu’aux premières lueurs de l’aube. Malheureusement, l’environnement était toujours aussi peu hospitalier. Nous découvrîmes un cercle de pierre qui laissait présager qu’un rituel de sang avait eu lieu dans ce secteur. La végétation locale semblait aussi torturée et corrompue que si une Horreur s’en était chargée. Pelenas et moi-même étions désolés par le triste état de la nature. Lisandella, pourtant habituée aux affres de sa forêt, semblait presque aussi affectée que nous.
Vaille que vaille, nous parvînmes à établir un campement dans ce milieu profondément hostile. Une fois encore, la magie de notre élémentaliste fut une aide précieuse pour rendre possible notre repos. Peut-être fut-elle même un peu trop efficace, ou avions nous été victimes d’un sortilège local, mais nous fûmes complètement pris par surprise par l’attaque qui survint.
Ce furent les cris d’alarme de Ghorghor qui nous réveillèrent. Je saisi mon épée en même temps que je me redressai. J’aperçus alors une énorme créature qui semblait constituée de bois, d’épines et de  griffes. Elle avait saisi Lisandella et l’élevait vers ce qui devait être sa gueule. L’armurier nain frappait le monstre mais il ne semblait guère s’émouvoir des coups qu’il recevait. Belisiel saisit son marteau eu vint prêtre main forte à Ghorghor alors que Pelenas commençait à tisser.
Je compris rapidement qu’une attaque par le sol serait peu efficace. Je m’élançai et abordai la créature par son flanc, puis utilisai mon talent de Marche des vents pour  prendre un peu de hauteur et arriver sur la créature en évitant les nombreuses épines qui garnissaient ses jambes. Je continuai à grimper pour arriver vers la tête alors que le monstre entreprenait de commencer à broyer l’éclaireuse elfe et à porter à sa gueule. D’un revers de son autre bras, il envoya valdinguer Belisiel à plusieurs mètres. Les coups redoublés de Ghorghor, la magie de Pelanas et le coup précis que je lui plaçai à la base du coup obligèrent la créature à cesser de nous ignorer. Elle fut bientôt contrainte de lâcher le corps de Lisandella pour faire face à nos agaçantes piqûres. Enfin… façon de parler car il avait beaucoup de mal à faire face à mes attaques qui se passaient essentiellement dans son dos. Je pensai avoir trouvé un point faible et je m’y acharnai jusqu’à qu’il s’effondre, vaincu par nos multiples frappes.
 
Une fois la créature à terre et que nous nous fûmes assuré qu’elle était morte, nous nous précipitâmes vers le corps inanimé de Lisandella. Elle était gravement blessée et avait quelques fractures maie elle était encore en vie. Une fois encore, l’alliance de la magie de Pelenas et de mes compétences de guérisseur fit merveille. J’utilisai même notre dernière potion de soins pour faire bonne mesure. Sans notre guide, nous étions condamnés à brève échéance dans cet environnement traître, qui plus est avec les forces elfiques à notre recherche. Dans un bois normal, j’aurais pu me reposer avec une certaine confiance sur mes talents d’éclaireur, mais le Bois de Sang était tout sauf un bois normal.
Après une période de repos prolongée pour permettre à l’éclaireuse de récupérer suffisamment de forces pour marcher, nous reprîmes notre route.
Avant de prendre sa place habituelle en tête de notre petit groupe, Lisandella se tourna vers nous. Si son visage était toujours grave, la distance qu’il y avait dans son regard avait disparu et une certaine bienveillance l’avait remplacée.
« Je tenais à vous remercier de m’avoir secouru et m’avoir soigné. Vaincre une telle créature n’a pas dû être aisé et vous auriez pu fuir plutôt que risquer vos vies pour moi.
- Vous sauver n’était pas une option. Je vous interdis de mourir tant que vous êtes avec nous, répondis-je avec sérieux.
L’elfe de sang cilla de surprise face à ma tirade péremptoire. Je l’adoucis après coup avec un léger sourire.
Lisandella sourit en retour, après un temps d’hésitation.
- Je tenais à vous dire que j’étais honorée de vous servir de guide et j’espère sincèrement que nous irons jusqu’au bout de cette aventure. J’avais quelques doutes quant au fait de vous laisser entrer dans le Bois mais je constate que vous êtes plus courageux et honorables que bien des habitants de ces lieux.
- C’est nous qui sommes honorés et chanceux de vous avoir pour nous montrer la voie.
- J’ai nettement moins de scrupules à vous mener dans notre sanctuaire désormais.
- C’est loin ? s’enquit Ghorghor avec son pragmatisme coutumier.
- Nous devrions y être à la mi-journée. Mettons-nous en route sans tarder ! »
 
Après une nouvelle étape de voyage au sein du Bois de Sang, où le merveilleux continuait à se mêler à la corruption, brouillant sans cesse mes sens d’éclaireur par des signaux contradictoires, nous parvînmes dans une clairière occupée par les ruines d’un temple des Passions. Lisandella nous informa qu’il s’agissait de l’entrée d’un ancien kaer créés par les elfes au début du Châtiment. Toutefois, il fallait réunir plusieurs conditions pour pouvoir en ouvrir les portes.
Selon l’elfe, la première serrure ne  s’ouvrirait que si l’autel de Jaspree était fleuri. Pelenas sortit une graine de permisule ramassée deux jours plus tôt, la plaça dans le pot déjà posé sur l’autel et tissa un sortilège de croissance végétale. Le plant grandit rapidement et l’autel s’illumina brièvement.
La réussite de la première épreuve eut pour seconde conséquence de faire apparaître par magie des écrits elfiques au-dessus du fronton de la porte. Je reconnus rapidement une partition de musique et je sortis mon luth elfique. Je m’appliquai alors à la jouer avec précision et détermination. À la fin du morceau, une étincelle jaillit au niveau de la porte et un trou de serrure apparut bientôt.
Il fallait désormais retrouver la clé au milieu des ruines. Cette épreuve était taillée pour notre forgeron et il ne faillit pas. Après une dizaine de minutes de recherche, il découvrit l’objet et l’introduisit dans la serrure.
La double porte grinça et protesta mais consentit à s’ouvrir.
 
Nous pénétrâmes alors dans un antre monde. Ce kaer avait été enchanté avant le Châtiment mais n’avait pas été utilisé car jugé trop faible face à la menace des Horreurs. Le Rituel des Épines avait alors été accompli pour détourner les Horreurs. L’enchantement avait alors protégé le kaer contre le rituel et on ne trouvait ici nulle trace de corruption. Au milieu du Bois de Sang, ce kaer était un morceau de ce qui avait été le Bois de Wyrm.
Les lieux étaient accueillants et bien équipés, même si leur occupation semblait rare. Des alcôves étaient aménagées en appartements confortables.
Plus loin dans le complexe souterrain, on retrouvait un temple des Passions avec un autel pour Jaspree, un autre pour Astendar et un troisième dédié à Upandal. Nous découvrîmes également une petite bibliothèque qui contenait les écrits des membres fondateurs de ces lieux.
 
Lisandella nous présenta les lieux et nous invita à nous y installer car nous allions attendre un certain temps ici, jusqu’à ce que les forces de sécurité elfiques se lassent de nous traquer et que la vigilance retombe d’un cran.
À sa manière de présenter les choses, j’avais fini par comprendre dans quel camp était notre guide et j’avais déjà entendu certains arguments en d’autres lieux. Questionnée à ce sujet, elle avoua sans trop se faire prier qu’elle connaissait  et que son groupe travaillait avec les Chercheurs de Cœur, ceux qui militaient pour la dissipation du Rituel des Épines et la restauration du Bois de Wyrm.
 
Quelques jours passèrent. Nous avions guéri de toutes nos blessures et avions commencé à organiser notre attente. De mon côté, je savais déjà que je ne retrouverais pas Eliora de sitôt. D’ici deux ou trois jours, elle partirait pour Grand-Foire. J’espérais de tout cœur que son voyage serait sans risques et qu’elle serait bientôt en sécurité aux abords de Throal. Mais j’aurais surtout préféré l’avoir à mes côtés en ces moments d’attente. Pour une fois, j’aurais eu tout le temps de lui raconter ce qu’elle voulait savoir. Et de la rassurer quant à mes sentiments à son égard. Miraëlan était loin également, perdue dans ses rêves de conquête au milieu de Parlainth. J’espérais aussi que tout se passait bien pour elle et qu’aucun des nombreux pièges et monstres qui hantaient ces lieux ne l’atteignent.
 
Les portes du kaer s’ouvrir et un petit groupe d’elfes entrèrent péniblement. L’un d’entre eux semblait gravement blessé. Lisandella se précipita vers eux avec inquiétude.
« Noble Takaris !? Que vous arrive-t-il ? »
Notre contact semblait en fâcheuse posture. Une toxine le paralysait progressivement et son entourage semblait impuissant. Ce type de pathologie me semblait étrangement familière…  
 
À suivre.   
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